Trois notions différentes, souvent confondues
Bio désigne un mode de production sans pesticides de synthèse ni OGM, certifié par un label (AB en France, Euro-feuille en Europe). Cela ne dit rien sur la saisonnalité ni sur la proximité géographique.
Local désigne l'origine géographique, un rayon souvent défini comme 150 à 250 km. Un aliment local peut être cultivé hors saison sous serre chauffée et avoir un impact carbone très élevé.
De saison désigne la période naturelle de production d'un aliment en plein air. C'est la notion la plus directement liée à l'impact environnemental.
Quelle hiérarchie d'impact?
Par ordre de priorité pour l'impact environnemental:
- De saison en premier, c'est le critère le plus impactant sur le bilan carbone d'un légume ou fruit.
- Local si possible, à conditions de production équivalentes, local réduit le transport.
- Bio si le budget le permet, bénéfique pour la biodiversité et la santé des sols, mais secondaire si le produit est hors saison et importé.
Un légume non-bio, de saison, acheté à un maraîcher à 20 km de chez vous vaut mieux, pour l'environnement, qu'un légume bio importé par avion hors saison.
À l’échelle d’une ville, cette logique peut aussi guider les sorties: chercher de bonnes adresses pour manger local à Strasbourg permet par exemple de privilégier les restaurants qui travaillent davantage les produits régionaux et de saison.
Le cas des tomates en hiver
La tomate est l'exemple emblématique: cultivée en serre chauffée au gaz en Bretagne en janvier, son impact carbone peut être 10 à 20 fois supérieur à une tomate de plein air espagnole transportée par camion. La solution la plus durable: manger des tomates en été uniquement, et cuisiner des tomates en conserve (ou confites maison) en hiver.