L'idée reçue
Manger durable = manger bio = dépenser plus. Cette équation est fausse, ou du moins incomplète. Elle confond "durable" avec "bio premium" et oublie que les aliments les moins chers sont souvent les plus durables.
Les aliments durables les moins chers
Les légumineuses sèches (lentilles, pois chiches, haricots) sont parmi les aliments les moins chers au kilo en grande surface et en épicerie vrac, entre 1,50 € et 3 € le kilo, tout en figurant parmi les plus faibles émetteurs de GES. Les céréales complètes (riz complet, flocons d'avoine, sarrasin) sont dans le même ordre de prix.
Les légumes de saison achetés au marché ou en direct producteur sont souvent moins chers qu'en supermarché, avec un bilan carbone meilleur.
Le gaspillage: la vraie dépense cachée
Un Français jette en moyenne 29 kg de nourriture par an, soit environ 150 € perdus chaque année. Réduire ce gaspillage de moitié revient à se dégager un budget alimentaire supplémentaire sans rien payer de plus. Ce budget peut alors financer des achats de meilleure qualité.
Quand le bio vaut l'investissement
Pour les produits dont on consomme la peau (pommes, fraises, épinards, poivrons), le bio réduit l'exposition aux résidus de pesticides. Pour les céréales et légumineuses, l'écart de prix est souvent faible et le bénéfice réel. Pour les aliments transformés "bio", en revanche, le surcoût est parfois considérable pour un gain marginal.